Ludopédagogie au CPC dans le primaire

La philosophie occupe une place importante dans le cadre du cours de Philosophie et citoyenneté. Pour qu’elle devienne porteuse d’apprentissages pour les élèves, nous nous sommes permis un petit détour par le jeu.

Comment amener la philosophie dans nos classes ? Comment aborder ce concept avec les élèves ? Comment rendre attractive cette partie de la leçon sachant qu’il y a des éléments théoriques compliqués à aborder ? Comment susciter l’intérêt et la motivation des élèves tout en leur proposant un apprentissage riche de sens ? Voilà plusieurs exemples de questions qui vous ont sans doute déjà traversé l’esprit lorsque vous prépariez vos leçons de CPC.

En tant qu’enseignant·e·s, nous avons tendance à multiplier les supports pour tenter de susciter l’intérêt de nos élèves (un livre, une œuvre, une vidéo, une chanson, un poème, une photo, un événement de l’actualité…). Mais, même si l’aspect ludique nous intéresse, nous mettons parfois de côté le jeu au sens propre, car nous ne savons pas comment l’aborder en y incluant une touche « philo ».

Dans l’enseignement fondamental, si nous observons les enfants lorsqu’ils sont en activité libre, c’est-à-dire quand nous les laissons un peu livrés à eux-mêmes, nous voyons assez vite apparaitre un type de comportement. Dans un premier temps, nous remarquons que les enfants sont un peu déstabilisés et cherchent à combler un manque. Cette phase s’accompagne souvent d’un inconditionnel : « Je m’ennuie ! ». Dans cette situation, les enfants ont alors tendance à solliciter une tierce personne pour tenter de combler cet ennui. Dans un second temps, nous constatons qu’une fois cette étape passée, ceux-ci cherchent à trouver quelque chose à faire et ils font alors appel à leur créativité. Généralement, l’étape suivante les amène dans le monde de l’imaginaire. C’est là qu’apparait le jeu !

Dans mes classes du primaire, et à travers le stage que j’ai accompli pour la Fabrique philosophique, j’ai été amenée à expérimenter la philosophie en passant notamment par le jeu. J’ai ainsi proposé, en collaboration avec l’équipe, divers jeux issus du commerce en les adaptant à la « sauce » philosophique. Qu’en est-il de la sauce, me direz-vous ? Et bien, elle prend, et plutôt bien, en fait !

Le jeu n’est pas qu’un prétexte ou une situation mobilisatrice, c’est à partir de lui que l’on va se questionner, mais aussi développer les habiletés de pensée. De plus, c’est un vecteur d’apprentissages qui suscite généralement une grande adhésion de la part des enfants. Ainsi, même les plus timides osent prendre leur place et se risquent progressivement à émettre leurs opinions face au groupe classe. Évidemment, il faut rester vigilant et veiller à ce que les élèves ne soient pas complètement noyés par le côté « jeu » au risque de perdre ce qui fait sens du point de vue de l’apprentissage. C’est pourquoi je propose des phases métacognitives reprises sur le nom de « moments d’arrêt ». Ces phases d’arrêt me permettent de vérifier si les élèves comprennent ce que j’attends d’eux à travers le jeu proposé, mais aussi d’effectuer des réajustements en cours de route si certaines règles font obstacle au bon déroulement.

C’est bien beau tout ça, me direz-vous, mais … Comment arriver concrètement à amener mes élèves à philosopher à partir du jeu ? C’est ce que nous vous proposons de vivre avec nous lors de notre troisième après-midi intitulé : « Jouons à la philo » qui se déroulera le 18 mai 2022 de 14h à 18h. Nous vous attendons et nous nous réjouissons à l’idée de vivre et de partager ce moment de jeu et de réflexion avec vous !

Cet article sera suivi de développements plus précis liés aux applications réalisées en classe par Loudmilla (enseignante de morale et de CPC dans le primaire et stagiaire à la Fabrique philosophique), ainsi que d’un aperçu des résultats du travail collaboratif du 18 mai.

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