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« Philosophes : Les grandes idées tout simplement »

Publié initialement au Royaume-Uni sous le titre The Philosophy Book, Philosophes : Les grandes idées tout simplement se présente, à première vue, comme un ouvrage de vulgarisation somme toute classique. Débutant par une courte introduction (à peine quelques pages) pour nous immerger dans la philosophie à coup de domaines, de noms célèbres et de définitions, l’ouvrage retrace ensuite, de manière chronologique, les plus grandes figures de la philosophie – de Thalès de Milet à Slavoj Zizek. Plus de 2500 ans d’histoire de la philosophie sont ainsi résumés en quelques 350 pages, où chaque auteur est présenté sous forme de fiche – la longueur dépendant souvent de son importance et son influence dans la pensée occidentale – avec un bref contexte reprenant la branche concernée, l’approche proposée, et quelques dates clefs pour situer le penseur dans une histoire philosophique plus globale. Dans chaque fiche, les philosophes sont présentés, d’abord par quelques éléments biographiques, puis ensuite à travers les grandes lignes de leurs pensées, et de leurs ouvrages les plus percutants.

Plus qu’un manuel de philosophie, ou qu’un simple livre de vulgarisation pour amorcer quelques textes plus ardus, Philosophes : Les grandes idées tout simplement est, à regarder de plus près, composé comme une véritable encyclopédie. Une brève encyclopédie synthétisant plusieurs millénaires d’idées, de recherches, et de pensées dans le domaine philosophique. L’enjeu n’est pas de proposer une explication plus souple, plus abordable aux pensées parfois les plus complexes, mais plutôt d’offrir, comme un phare dans la nuit, un éclairage sur l’un ou l’autre élément primordiale dans la pensée d’un auteur, et nous permettre ainsi de naviguer, au grè de nos préférences, sur le panorama de la philosophie mondiale. Car l’un des principaux intérêts du livre est bien de parcourir l’ensemble de la philosophie. Certes les auteurs occidentaux sont fortement représentés, mais l’ouvrage tend aussi à s’ouvrir sur différentes cultures philosophiques en incluant des noms comme Lao Tseu (philosophe chinois du VIième av. J.-C.), Moïse Maïmonide (philosophe juif du XIIième siècle, né à Cordoue), ou encore Henry Odera Oruka (philosophe kenyan du XXième siècle), souvent plus méconnus du (grand) public occidental.

Les auteurs réussissent donc le pari de présenter une encyclopédie de la philosophie qui englobe, du moins autant qu’elle le peut, les plus importants courants de la philosophie. Plus encore, ils réussissent d’autant plus leur pari en agrémentant les différentes fiches par quelques photographies, affiches, statues ou peintures célèbres, liant la philosophie à d’autres domaines, artistiques ou scientifiques, voire même managériaux (la division du travail y est également abordée),  ne la plaçant pas de côté ou en retrait, comme une science obscure assez peu concrète, mais l’ancrant justement un peu plus dans notre monde.

Philosophes : Les grandes idées tout simplement ne se contente pas uniquement de présenter de grands penseurs, mais tente de les lier entre eux, accentuant quelques éléments pour mettre en lumière l’influence (parfois réciproque) entre différentes époques, différents auteurs, ou encore différentes régions ; ainsi nous pouvons lire dans l’introduction « les différents domaines philosophies ne sont pas seulement liés ; ils se chevauchent largement les uns les autres ». De ce point de vue, les auteurs embrassent le projet propre aux encyclopédies : organiser le savoir. Les philosophes et leurs idées remarquables (au sens premier du terme) ne sont pas simplement listés, ils sont présentés dans le courant leur appartenant, lui-même relié aux autres courants qui le suivent ou le précèdent. Ce point est accentué par la présence, dans chaque fiche, de différents auteurs (avec les pages correspondantes) en lien avec le philosophe présenté ; nous permettant de voyager à l’intérieur du livre, comme nous le faisions enfant, avec des livres à choix multiples, nous baladant de pages en pages, à la découverte du livre entier, sans même nous en rendre compte. Une personne cherchant des informations sur Sartre, se retrouvera à parcourir les textes sur Kierkegaard, puis sur Kant, Descartes et Aristote pour ensuite revenir chez Hume, au plus près de notre époque. En quelques heures, le lecteur peut prendre connaissance de quelques grandes idées dispersées sur la ligne temporelle de la philosophie, et, peut-être, si l’envie lui prend, d’approfondir ses recherches par d’autres ouvrages plus spécialisés.

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Compte-rendu critique : Le monde de Sophie

de Gaarder, J. (1995), Le Monde de Sophie – Roman sur l’histoire de la philosophie. Editions du Seuil, Paris. I. Introduction Le livre analysé dans cette fiche de lecture sera Le monde de Sophie dont le sous-titre, assez évocateur est Roman sur l’histoire de la philosophie. Ce choix fut motivé parLire la suite >

Compte-rendu critique : L’étonnement philosophique

de J. Hersch, ​L’étonnement philosophique Paris, Gallimard, 1993, coll. folio essais, 462 p. Dans l’espace qui est ici réservé à l’étude de l’ouvrage – complexe – de Hersch, l’impasse sera faite sur de nombreux aspects de l’étonnement philosophique. Nous nous concentrerons sur la réflexivité de cet étonnement pris comme attitudeLire la suite >

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