20èmes Rencontres Internationales sur les Nouvelles Pratiques Philosophiques

Cultiver la pratique, pratiquer la culture

Liège – 18 et 19 novembre 2021

Table des matières

Mercredi 17 novembre 2021

Soirée

Animation autour d'un livre à la librairie Entre-temps (Barricade)

Jeudi 18 novembre 2021

9h

Conférence d'ouverture par Michel Tozzi, Edwige Chirouter et Vinciane Despret – au Théâtre de Liège

11h

Ateliers organisés en chantiers

Chantiers PhiloCité & PhiloÉcole

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Université de Liège

Que les citoyens d’une société démocratique soient scientifiquement cultivés s’avère d’une importance indéniable. Nombre de nos choix collectifs dépend en effet de notre capacité à évaluer la plausibilité d’affirmations présentées comme scientifiques. À cet égard, nos décideurs politiques ont une grande responsabilité : il leur incombe de mettre en œuvre des dispositifs éducatifs performants de promotion de la culture scientifique.

Que ce soit en France ou en Belgique, la méthode préconisée est globalement la même pour tous : on cultive la science en transmettant le contenu de la science. Dans l’enseignement, développer sa culture scientifique passe donc invariablement par divers cours de science. Au dehors, il faut généralement compter sur l’existence d’organes de vulgarisation, supposés transmettre (sans jargon) les divers contenus scientifiques. Comme cela a déjà été établi, un tel modèle témoigne toutefois, globalement et à lui seul, d’une efficacité limitée.

La communication proposée aura pour objectif de présenter les grands axes et de souligner les enjeux d’une approche alternative plus pertinente en phase avec l’esprit des Nouvelles Pratiques Philosophiques. Celle-ci s’articule autour de l’idée selon laquelle on ne cultive pas efficacement la science en se contentant d’en transmettre son contenu, mais aussi en en enseignant sa nature. Ce qui importe, au-delà des cours de science, ce sont des cours/ateliers sur la science, ayant la vocation d’en préciser le fonctionnement, les méthodes, les pratiques, les normes implicites, les limites et surtout les réalités, au-delà des diverses simplifications abusives malheureusement trop répandues. En substance donc, il incombe d’éduquer à ce qu’est la science en tant que démarche rationnelle de production de connaissances, approche relevant, non de la science elle-même, mais bien de la philosophie. Ce n’est que par ce biais qu’il deviendra envisageable de développer chez nos concitoyens, non pas seulement des connaissances scientifiques, mais bien un esprit critique à l’aune duquel chacun pourra être en mesure d’identifier les contenus scientifiques fiables et, ce faisant, dignes de servir de guides à l’action.

Olivier Sartenaer, chargé de projets philo, Laïcité Brabant Wallon. Belgique.

Contrairement à ce qu’on imagine, l’éducation à la philosophie et à la citoyenneté (EPC) n’est pas une nouvelle « couche » de la « lasagne » déjà bien copieuse des multiples missions de l’école secondaire. En effet, les cours de mathématiques sont plus que propices à expérimenter des activités et situations d’apprentissage permettant de mobiliser des compétences relevant – à la fois – des mathématiques et d’EPC.  Aujourd’hui plus que jamais, en effet, mobiliser et stimuler des habiletés de pensée permettant d’adopter une posture critique par rapport aux savoirs et aux apprentissages apparaissent comme des objectifs aussi ambitieux qu’indispensables, en mathématiques comme dans l’ensemble des disciplines.

Cette intervention a pour but de vous présenter certaines expériences menées afin d’identifier – et de formaliser – les intersections entre les deux disciplines, ainsi que le périmètre de leurs enjeux didactiques conjoints.  Les intervenant.es s’appuieront sur des exemples concrets issus des programmes mais inscriront également l’apprentissage des mathématiques et de la philosophie dans le contexte global du monde d’aujourd’hui. Ce faisant, ils mettront en lumière les raisons de considérer, par-delà les préjugés et les représentations, que la parenté entre philosophie et mathématiques est bien plus grande qu’il n’y paraît. 

Annick Looze et Nadia El Abbassi, conseillères pédagogiques en mathématiques (SEGEC) ; Gilles Abel, maître-assistant en didactique de la philosophie et de la citoyenneté (HENALLUX). Belgique.

[Résumé à venir]

Johanna Hawken, Responsable de la Maison de la philosophie de Romainville. France.

Chantier PhiloFormation

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Théâtre de Liège

On philosophe d’ordinaire à partir d’une notion (la liberté) ou une question (l’humain est-il libre ?). Conceptualiser une notion, c’est, à partir d’une idée générale et abstraite, tenter de la configurer plus précisément (Deleuze). Problématiser une question, c’est tenter de cerner ses enjeux philosophiques, chercher sous cette question un problème, un nœud qui l’habite et les difficultés à le dénouer, à résoudre ce problème.

Mais qu’en est-il lorsque l’on veut philosopher sur un objet, qui n’est ni une notion, ni une question ? On philosophe bien sur des objets dans l’histoire de la philosophie. Par exemple, quand Descartes analyse le morceau de cire, il problématise sa nature perceptive, à partir des variations de son apparence, et pose le problème épistémologique de la véracité de sa connaissance par les sens. Berkeley lui réduit ontologiquement l’objet à sa perception (être, c’est être perçu), comme une idée qui m’est envoyée par Dieu dans mon esprit. C’est à partir du rapport à sa perception que dans les deux cas un problème est posé, épistémologique ou/et ontologique.

Un objet se donne dans la vie quotidienne comme déjà configuré, dans sa matérialité apparente ou réelle, et, s’il est fabriqué par l’homme, par sa fonctionnalité (la voiture, c’est pour se déplacer). Quid donc de sa conceptualisation ? Et comment le problématiser, par quelle(s) approche(s) ?

À titre d’expérience, nous proposons une DVDP de réflexion philosophique sur « Le livre » (objet culturel), avec ensuite une réflexion collective sur : comment philosopher sur cet objet, et plus généralement sur un objet ?

I) Les enjeux de la réflexion philosophique sur un objet (1/2h)

II) DVDP sur un objet culturel : le livre (1h)

III) Analyse de cette expérience de philosopher collectivement sur un objet (1/2h)

Michel Tozzi, Professeur des Universités – Université P. Valéry de Montpellier.

Chantier PhiloPratique

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Théâtre de Liège

Face à l’enseignement traditionnel, les Nouvelles Pratiques Philosophiques se sont surtout développées sous la forme de méthodes de discussion. Or la méthode prémunit contre l’erreur, mais pas contre la bêtise, entendue comme confusion entre ce qui est important et ce qui ne l’est pas (Deleuze). Bien raisonner ne garantit pas de dire des choses intéressantes, et risque même de nous aveugler à ce qui compte : « c’est vrai, mais quelle importance ? ». Peut-être est-ce alors à la culture qu’il faut demander ce dont la méthode est incapable : faire importer. Aller y voir permettra de répondre en pratique aux soupçons que peut éveiller le critère de l’importance : élitisme ? noyade dans le subjectif, l’affectif, l’individuel – relativisme ? On posera ainsi la question « quelle importance ? » en un sens qui n’a plus rien de rhétorique : quelle importance, au juste ? Que faut-il entendre par-là ? Comment l’importance se fabrique-t-elle, s’exprime-t-elle, se discerne-t-elle ?


Jonathan Soskin, Animateur-Formateur à PhiloCité
Julien Pieron, Chargé de cours à l’ULiège

Chantier PhiloArt

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Cité Miroir

Dans son intervention, Christophe Veys évoquera des questions liées à l’accessibilité de l’art contemporain et la dimension affective cachée derrière des formes parfois en apparence très conceptuelles. Ses interventions prennent toujours la forme de présentations volontairement accessibles, même aux néophytes en matière de pratiques contemporaines.

Christophe VEYS  – Historien de l’art (ULB), collectionneur d’art contemporain et commissaire d’exposition. Il enseigne l’histoire de l’art contemporain, la pratique de l’exposition et l’histoire des institutions culturelles à ARTS² – Mons.

Les participants seront amenés à réfléchir, guidés par deux animatrices, à la manière dont la théorie apportée par le conférencier peut être mobilisée dans un atelier de pratique philosophique.

Repas de midi

14h30

Ateliers organisés en chantiers

Chantier PhiloCité

Université de Liège

Entreprendre un dialogue interculturel, c’est entrer dans une démarche de reconstruction du sens. Autrui me diffère essentiellement parce qu’il se réfère à un autre cadre cognitif, conceptuel et de valeur que le mien. La pratique du dialogue socratique va nous aider à développer les habiletés de pensée nécessaires au perspectivisme et au travail réflexif en jeu dans l’interculturalité : interpréter, faire des analogies, identifier des présupposés, conceptualiser, problématiser,… L’histoire palpitante du “CakeGate” nous plongera concrètement dans cette entreprise.

Chantier PhiloÉcole

Université de Liège

[Résumé à venir]

Edwige Chirouter, Professeur des Universités, Université de Nantes. Titulaire de la chaire UNESCO de Philosophie avec les enfants. France.

En quoi la pratique de dialogues à visée philosophique à partir d’albums de littérature de jeunesse polynésienne bilingue favoriserait-elle une rencontre interculturelle fructueuse ? Le cadre théorique de cette investigation est vygotskien et piagétien. Cette recherche s’appuie sur les travaux de chercheurs dans le domaine de la philosophie pour enfants. Les travaux de linguistes océaniens éclairent la réflexion. Au-delà du repli communautaire, les questions philosophiques tendent à l’universalité. Cependant, les réponses à ces questions sont émises par des individus imprégnés d’une empreinte culturelle et de spécificités. Le contexte de l’école polynésienne est plurilingue (bilinguisme français et tahitien). Les participants de l’expérimentation sont d’origine culturelle multiple. De surcroît, des écarts existent entre la culture scolaire et la culture familiale sur le plan éducatif. C’est pourquoi, cette recherche exploratoire, qualitative et longitudinale, a impliqué 6 parents volontaires, 20 élèves de CP, 1 conseillère pédagogique et 1 enseignant. Chaque semaine, un parent de l’école de Paopao à Moorea, venait lire une histoire aux élèves, en français ou en tahitien. Puis un dialogue à visée philosophique était lancé en prenant appui sur le texte lu. Le corpus littéraire était composé de 9 albums de littérature de jeunesse polynésienne. Différents types de questionnement à visée philosophique ont été posé aux élèves. Les grilles d’analyse confirment l’évolution positive des habiletés intellectuelles propre à la philosophie des élèves. Une analyse de texte basé prouve que le lexique utilisé par les élèves s’étoffe. Une analyse statistique atteste de la dimension philosophique des échanges. Les dialogues à visée philosophique ont permis un échange respectueux du pluralisme, le développement de l’esprit critique des élèves et une ouverture à l’altérité. L’implication parentale a favorisé la coéducation. L’utilisation de littérature endogène a valorisé le patrimoine culturel et linguistique polynésien. De surcroît, les propos des élèves ont reflété des spécificités culturelles propre à la mosaïque polynésienne.

Simon Deprez, Doctorant à l’Université de Polynésie française.

Chantier PhiloFormation

Théâtre de Liège

Dans la foulée de révélations sur de l’abus de pouvoir et du harcèlement sexuel à Hollywood, la parole de femmes harcelées s’est libérée sous la forme d’une dénonciation massive de situations de pressions morales ou de violences physiques qu’elles avaient elles-mêmes vécues. Mais les campagnes #metoo ou #balancetonporc n’ont pas manqué de faire réagir à leur tour des hommes, qui ont critiqué la démarche par des arguments multiples et de diverses natures. Que valent ces arguments ? Par l’analyse détaillée de l’argumentation d’un éditorialiste célèbre, nous poserons à la fois des questions de logique et des questions sur les rapports de genres dans la société contemporaine.

Bruno Leclerq, auteur de quatre ouvrages et d’une soixantaine d’articles dans le domaine de la logique, de l’ontologie formelle, de la philosophie du langage et de la phénoménologie, Bruno Leclercq enseigne la logique et la théorie de l’argumentation à l’Université de Liège.

Chantier PhiloPratique

Théâtre de Liège

Nous l’expérimentons dans notre vie de tous les jours : pour tenir quelqu’un loin de la vérité, il y a essentiellement trois méthodes : le mensonge (dire le faux) ; noyer le poisson (en dire tellement et hors toute hiérarchie qu’on s’y perd) ; mentir par omission (ne pas tout dire).
Il en va de même pour la production d’ignorance. Si le registre des fake-news nous est désormais connu, il en est deux autres autrement plus fréquents et insidieux dans le monde des media : la création d’ignorance par excès ou au contraire retenue d’informations. Dans cet atelier, après une démonstration issue de ma propre pratique journalistique et filmique, je proposerai aux participants de manipuler eux-mêmes du contenu médiatique pour expérimenter comment, en retranchant des interviews ou du commentaire, ou a contrario en procédant à des rajouts, ils peuvent altérer le message au point de le rendre faux et pourtant crédible : un parfait vecteur d’ignorance.

[Les participants sont priés de venir équipés d’ordinateurs portables, après avoir procédé au téléchargement et à l’installation du logiciel de montage vidéo Davinci Resolve 17 (version gratuite, pour Mac, Linux ou PC). Ils seront formés « sur le tas » au maniement de base de ce logiciel assez intuitif. En amont il sera également demandé de télécharger depuis un cloud le matériel (fichiers audiovisuels etc) que je leur proposerai de manipuler. L’URL de téléchargement de ces fichiers sera communiquée quelques jours avant l’intervention.]

Myriam Tonelotto, Réalisatrice à ARTE

Chantier PhiloArt

Cité Miroir

Le colloque des Nouvelles Rencontres Philosophiques interroge cette année la rencontre entre culture artistique et pratique philosophique. Or, pour qu’une rencontre soit possible, il lui faut un territoire désigné et une modalité opérative. C’est pourquoi pour tenter de répondre à cette question, nous avons choisi comme territoire de rencontre, le thème du labyrinthe et modalité de rencontre, la sérendipité.

Faire l’expérience du labyrinthe : qu’est-ce que cela signifie ?

1) Tout d’abord, nous commencerons par interroger les conditions de la rencontre entre culture artistique et pratique philosophique à partir du thème du labyrinthe mené dans une expérience de sérendipité.

2) Puis, nous nous arrêterons sur deux expériences de rencontre culturelle et philosophique à travers tout d’abord une expérience littéraire de découverte de sens du texte, puis une expérience de field recording, ou enregistrement de terrain, qui ambitionne de capter la vie sonore de notre monde (bruits, sons, cris ou chuchotements…). Nous proposerons une description de ces deux ateliers pratiques mettant en jeu labyrinthe et sérendipité.

3) Enfin, nous terminerons sur les paradoxes des dispositifs de l’EAC nécessaires pour qu’une rencontre culturelle et philosophique se fasse, les problématiques de l’évaluation et de la pérennisation d’un projet sérendipien.

Sylvie Jopeck – Professeure agrégée de lettres modernes et co-fondatrice de l’association francophone pour la culture et l’éducation « Le Nadir ».

À partir de la philosophie de l’expérience de Dewey, nous examinerons des dispositifs sonores permettant un questionnement esthétique en atelier philo (et plus particulièrement pour des ateliers du type de la CRP-Lipman). Notre idée de base serait d’explorer le moment de création d’hypothèses chez les philosophes lors de leur interaction avec leur environnement sonore, au moyen de dispositifs particuliers dans cet environnement : le monocorde et les figures (ou plaques) de Chladni.

Pour Dewey, quand un problème se pose dans l’interaction du philosophe avec l’environnement, il est amené, comme tout être vivant, à opérer des sélections pour s’adapter au problème en question. Il peut opérer ces sélections par isolation de traits de l’expérience lors d’une expérimentation, par analyse, conceptualisation et création d’hypothèses. Le monocorde et les figures de Chladni sont de telles sélections, fonctionnant à l’intersection des sens pour comprendre l’émergence d’une organisation sonore de l’expérience. Peut-on nous poser nous-mêmes des questions philosophiques à partir de l’usage de ces deux dispositifs dans un atelier philo ? Nous proposerons des pistes théoriques qui pourraient être abordées lors de cette discussion (comment passe-t-on d’un bruit à un son ? De quelle nature est l’organisation des sons ?), ainsi que des réflexions plus méta sur ce qu’un tel type d’atelier supposerait au niveau de l’expérience esthétique : une attention à la complémentarité et aux désaccords possibles entre nos sensations.

Jérôme Flas – Doctorant à l’ULiège, esthétique philosophique.

16h30

Chantier PhiloÉcole

Université de Liège

Cela fait maintenant trois ans que je travaille dans une école privée, dans laquelle j’ai une charge de philosophie avec chaque classe d’enfants entre 5 et 15 ans. Cette école a pour ligne pédagogique « le savoir au centre » : l’école doit être un lieu de transmission de « savoirs », et non pas un lieu de développement de compétences ou de « savoir être ». Comment concilier cette visée pédagogique demandant explicitement de poursuivre un objectif de transmission d’une « culture philosophique » par la lecture de textes de philosophes de la tradition, avec les objectifs philosophiques de Lipman, et ceux de communauté de recherche de Dewey ?

La lecture de textes qualifiés « de philosophes » (contrairement aux textes qualifiés de « supports inducteurs ») amène un double risque : perdre l’énergie de recherche de résolution de problème en donnant le problème et la solution apportée par le ou la philosophe, ou tomber dans une étude textuelle qui poursuit des objectifs qui devraient être travaillés en français, et non en philosophie.

Pour répondre à ce problème, j’ai tenté plusieurs modèles, qui, selon mon expérience, offrent une perspective de réponse, ou du moins, un moyen d’éprouver le problème. Je voudrais ici présenter deux modèles :

– Premièrement, la lecture du texte du/de la philosophe comme proposition de réponse à un problème posé par le groupe.

– Deuxièmement, un exercice de groupe demandant de trier des objets selon des catégories données, lors duquel un appel au texte va être fait de manière à problématiser les critères qui ont opéré dans la première phase.

Mon idée serait de présenter ces modèles, et de mettre en pratique le deuxième, avec le groupe présent. Ceci pourra être fait autour d’un thème touchant à la culture, permettant ainsi d’opérer un double travail : l’exercice de groupe permettra d’explorer un thème central de ces Rencontres, ainsi que d’expérimenter un modèle d’intégration de culture philosophique à un atelier de pratique philosophique.

Hélène Courbat, Enseignante à Lausanne. Suisse.

Par ses contraintes institutionnelles, son programme et par l’hétérogénéité des profils de ses enseignants, le cours de philosophie et citoyenneté (Fédération Wallonie-Bruxelles) est devenu un champ d’expérimentation de la pratique philosophique. Devant articuler la démarche philosophique aux enjeux et à la pratique de la citoyenneté à raison de cinquante minutes par semaine, nombreux sont les professeurs qui ont placé des objets porteurs de questionnement et d’engagement au cœur de leur pratique professionnelle. Mais au-delà d’une simple négociation avec le temps pour mettre en action les élèves, l’utilisation de ces objets semble révéler une posture à mi-chemin entre des attitudes propres au philosopher tout en assumant une référence et un recours aux objets « déterminés » de la culture philosophique.

Cette présentation a pour but de montrer le caractère tout à fait singulier de ces objets présentés aux élèves francophones de l’enseignement officiel. Objets hybrides qui ne sont ni le prétexte d’une présentation simplifiée et « cool » de l’histoire de la philosophie – comme le fait une certaine pop’philosophie – ni prétexte à un atelier philosophique dont ils ne sont « que » le déclencheur, ces objets à potentiel philosophique ne rompent jamais vraiment avec leur contexte d’apparition. Ainsi, c’est véritablement cet entre-deux qui rend possible une approche tenant du philosopher tout en permettant une référence explicite aux objets issus de l’histoire de la philosophie.

Une attention toute particulière sera apportée à deux types de supports que l’on rencontre peu et dont la nature satisfait les contraintes du cours de philosophie et citoyenneté. Il s’agit de la bande dessinée et du cinéma d’animation. À cela s’ajoutera une réflexion sur la sélection et l’enjeu du choix des textes philosophiques abordés en parallèle de ces objets à potentiel philosophique.

Jean-Denis Oste, Moniteur pédagogique. Liège.

Chantier PhiloFormation

Théâtre de Liège

Une détermination précise de la signification de la notion de palabre permet d’articuler avec intérêt et transversalité ses différentes acceptions, ses modalités opérationnelles ainsi que ses effets sur la constitution, l’animation et la préservation du vivre ensemble en Afrique. Il sera intéressant de voir ce qu’il y a de vivifiant dans la manière dont s’y construit un éco-système discursif et se joue une dynamique sociale et juridique d’une étonnante fécondité démocratique.

Après un exposé théorique suivi d’un échange avec les participants, il sera proposé un atelier pratique sur le déroulement d’une séance de la palabre africaine autour d’un jeu de rôles bien défini et encadré dans les règles de l’art.

André Yinda est Docteur en Philosophie politique de l’EHESS (2005). Après avoir été enseignant-chercheur à l’Université de Yaoundé I (Cameroun), à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (France) et à l’Université Libre de Bruxelles (Belgique), il a exercé diverses responsabilités dans la gestion des organisations d’insertion socioprofessionnelle en Belgique. Il dirige actuellement le CRIPT, un laboratoire de recherches indépendant et collabore avec divers organismes gouvernementaux et institutions universitaires. Ses activités de recherche s’articulent autour d’une approche philosophique de la relation guerre-politique, des relations internationales et des transformations démocratiques en Afrique et dans les diasporas. Il est notamment l’auteur de L’art d’ordonner le monde. Usages de Machiavel (Paris, L’Harmattan, 2008) et Montesquieu décolonial ? Critique du débat sur la séparation des pouvoirs en Belgique (Londres, KDP University, 2019).

Chantier PhiloPratique

Théâtre de Liège

La culture est autant une somme de connaissances qu’une série de pratiques qui traversent une société à une époque donnée. Dans les ateliers philo-art-science, nous enquêtons sur une problématique en convoquant la culture artistique et scientifique.
Pour cet atelier, nous mettrons sous le projecteur la thématique de la lumière et nous nous demanderons comment l’invention de l’éclairage a transformé nos existences. À quoi ressemblerait le monde s’il n’y avait pas d’ampoule ? Pas d’électricité dans les rues ou dans les maisons ? Comment des inventions techniques modifient notre rapport au monde ?
Les artistes travaillent aussi la lumière : que ce soit avec l’éclairage d’un spectacle, l’art de la photographie, les illusions d’optique ou bien encore le travail de l’ombre dans l’art contemporain, ils jouent avec nos sensations visuelles. Nous nous inspirerons de leurs pratiques pour expérimenter à notre tour des jeux d’éclairage.
À partir de cet exemple de l’éclairage, nous discuterons comment travailler en atelier philo à partir de l’invention d’un objet technique.


Stéphanie Franck et
Sandrine Schlögel, Animatrices-Formatrices à PhiloCité

Chantier PhiloArt

Cité Miroir

Pourquoi ce projet a sa place pour les 20èmes Rencontres sur les Nouvelles Pratiques Philosophiques ? D’abord parce que c’est une expérimentation. « La philosophie n’est pas un temple mais un chantier » écrit Georges Canguilhem. Tout comme le théâtre propose un spectacle multiple, vivant, en construction permanente. Ce que nous souhaitons donner à entendre et à penser, ce n’est pas un projet qui serait un modèle, un exemple à copier et à reproduire tel quel.

Ce qui nous intéresse et ce qui décuple nos forces dans ce projet, c’est d’expérimenter la rencontre entre une pratique, philosophique, et un art, théâtral, tous les deux vivants. Vivants donc nerveux, parfois retords. Vivants et exigeants, voire susceptibles. Vivants et intéressants.

La lecture de Momo, le conte philosophique de Michael Ende fait germer chez Corinne Méric l’idée d’une adaptation de ce texte pour le théâtre. Dans le cadre d’un projet conjoint notamment entre le Théâtre de Villefranche sur Saône et une école de la ville, une petite forme théâtrale jouée par deux comédiennes permettra de faire découvrir aux enfants l’histoire de Momo puis ils les joueront sur scène.

Cette lecture suscite chez Alicia Polzella Gauduel l’étonnement : tout y est philosophique ; puis immédiatement, l’envie évidente d’élaborer des séquences de philosophie sur les thèmes de Momo.

Mais pour dépasser ce travail en parallèle, c’est la rencontre qui fait naitre une approche nouvelle. L’expérience théâtrale servira de déclencheur et viendra en soutien à la discussion philosophique. La pratique philosophique alimentera l’écriture théâtrale de l’adaptation et nourrira la mise en scène.

Nous détaillerons pourquoi il ne s’agit pas d’une « simple juxtaposition de projets ». Nous expliciterons sans fard les conditions de réussite que nous avons identifiées et travaillées. Nous présenterons les conséquences et les résultats concrets de cette coopération riche et fertile. Cette expérience nous montre, et nous le montrerons à notre tour, que la réussite de la rencontre éclate lorsque l’Autre me permet de me rencontrer moi-même, autrement et comme jamais.

Alicia Polzella Gauduel – Association Faire Philo

Corinne Méric – Metteure en scène et comédienne

Qui sont nos alter egos, ces « autres » qui vivent en nous ? Dans cet atelier, dans un va-et-vient permanent entre écriture et philosophie, chacun.e sera invité.e à se construire des alter egos.  En titillant les participant.es dans leurs imaginaires, il s’agira de permettre aux participant.es de se jouer de leurs identités, pour mieux les déjouer.  Cet atelier sera l’occasion de voir à quel point théâtre et philosophie peuvent se conjuguer, au bénéfice d’une créativité et d’un pouvoir d’action ravivés. 

Gilles Abel – Philosophie pour enfants

Vincent Tholomé – Auteur, poète et performeur

Repas du soir

Soirée

Animation en autonomie au Musée de la Boverie

Vendredi 19 novembre 2021

9h

Ateliers organisés en chantiers

Chantier PhiloCité & PhiloSoins

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Université de Liège

Le médecin sait utiliser le stéthoscope, symbole du savoir. Pendant la pratique de son métier, la rencontre avec le patient, unique à chaque fois, l’amène à découvrir une autre dimension de l’être humain, une dimension culturelle qui est symbolisée par le caducée. La découverte du caducée est une démarche individuelle, complexe, à la laquelle la réflexion philosophique apporte un point de vue original qui permet au médecin de se « jeter à l’eau  » en étant mieux préparé pour exercer son rôle de soignant.

À partir du travail mené dans plusieurs ateliers philosophiques, variant les médiations culturelles, nous présenterons les modalités de la création d’un espace pour la pensée chez des adolescents et jeunes adultes en Hôpital de jour. Comment produire une question quand l’espace de la métaphore est entravé ? Quels chemins vers la génération d’un concept originel ?

Chantier PhiloÉcole

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Université de Liège

Quel sens a la transmission culturelle et en particulier tout savoir scolaire, s’il ne s’accompagne pas d’une mise en valeur de notre capacité à être critique vis-à-vis de ces contenus culturels et de leurs modes de transmission ? De façon générale, que vaut une culture qui ne s’interroge pas sur ses propres valeurs, sur les comportements sociaux et sur les enjeux de société qu’elle véhicule ? Si nous voulons construire une société ouverte, une véritable culture de l’esprit critique doit être à l’œuvre à tous les niveaux de l’enseignement scolaire. Certes, cela accorde avec les exigences de l’Institution scolaire française mais l’exhortation à être critique et même la lecture de textes critiques tels que nous les étudions en cours de philosophie au lycée, suffisent-ils à développer l’esprit critique des élèves ?

L’école participe d’une mise en valeur de l’esprit critique du point de vue théorique : elle donne des connaissances disciplinaires, elle éveille aux dangers de la désinformation, elle permet même une certaine prise de conscience de biais cognitifs, etc. En un mot, elle aide les élèves à déterminer ce qu’il convient de penser. Mais met-elle suffisamment en valeur la capacité à discerner ce qu’il convient de faire face à telle ou telle situation (dois-je obéir inconditionnellement à cette autorité ? Dois-je suivre le groupe ?). Car être critique ce n’est pas seulement savoir trier le vrai du faux, ce n’est pas seulement pouvoir déterminer ce qu’il convient de penser eu égard à la science et à ses démarches ; c’est aussi savoir déterminer ce qu’il convient de faire, conformément à ce que l’on juge légitime. Or l’histoire aussi bien que la psychologie sociale ont montré que nous pouvons nous soumettre à des ordres ou à adopter des comportements que pourtant nous jugeons illégitimes. Nous agissons alors paradoxalement à l’encontre de ce que notre conscience et notre volonté nous dictent. Aussi, considérons-nous que cet aspect pratique de l’esprit critique doive être entraîné au sein même du système éducatif, à travers une réflexion et des mises à l’épreuve encadrées qui permettent aux élèves de dépasser cet autre paradoxe d’un système scolaire qui les enjoint à être critique et à s’émanciper, dans un cadre qui est plus souvent le lieu de l’obéissance.

Nous abordons cet aspect de l’esprit critique avec nos élèves de terminale en cours de philosophie, depuis plus de 5 ans, à travers une réflexion sur la liberté et la responsabilité. Notre séquence démarre par une mise en situation où leur capacité à résister à des demandes qu’ils jugent pourtant illégitimes et à résister à la pression du groupe sont mises à l’épreuve.

Notre atelier sera alors l’occasion de présenter et de questionner cet aspect de notre pratique de classe au lycée et à réfléchir à ses fondements et enjeux philosophiques (voir Adorno, Sartre, Nussbaum, Milgram, Kant, La Boétie). Notre animation à Liège fera alors le lien entre la pratique scolaire de la philosophie, la culture de l’esprit critique et la place des élèves et des futurs citoyens dans la cité.

Benjamin Bobée – Professeur de philosophie au lycée. France.

La culture philosophique (histoire de la pensée, auteurs, textes classiques) tient une place considérable, voire essentielle dans l’enseignement de la philosophie au lycée et à l’Université. Le Bulletin officiel à destination des professeurs de terminale la considère d’ailleurs comme “la matière même” de celui-ci. La philosophie comme discipline scolaire se définit donc par un champ d’œuvres spécifiques et exclusifs.

Si pour philosopher, il faut apprendre à se mettre à distance de soi, de sa pensée, et qu’à cette fin des médiations culturelles sont nécessaires, les œuvres philosophiques seraient-elles les seuls textes qui permettent d’apprendre à philosopher ? D’ailleurs qu’est-ce qu’un texte philosophique ? Est-ce son auteur ou la lecture qu’on peut en faire qui le définit comme philosophique ? Pour reprendre la célèbre distinction de Kant, s’agit-il d’apprendre la philosophie (son histoire, ses auteurs) ou à philosopher (une démarche rationnelle particulière, des habiletés de pensée…) ?

Notre présentation porte sur la portée philosophique des dystopies de jeunesse et young adult et s’interroge sur la manière dont elles permettent de penser le monde et en particulier leur pertinence dans un cours de philosophie dans le secondaire. Il s’agira d’examiner s’il est possible d’apprendre à philosopher grâce aux romans dystopiques de jeunesse et dans quelles mesures cette démarche est en rupture ou en continuité avec l’enseignement traditionnel de la philosophie. Comment la dystopie peut-elle aider les adolescents à philosopher, à penser le réel ? La dystopie étant une fiction, est-elle efficace pour faire réfléchir sur l’organisation sociale et politique de la société réelle ? La fiction dystopique permet-elle de rêver, de se divertir, de s’échapper de la réalité ou au contraire de mieux s’y plonger, d’y voir plus clair ? La dystopie de jeunesse développe-t-elle l’esprit critique ou bien peut-elle amener le lecteur à accepter plus facilement les privations ou coercitions de la vraie vie, qu’il perçoit comme infime en comparaison ?

En questionnant les frontières entre deux disciplines distinctes en éducation : la littérature et la philosophie, nous verrons s’il est possible de penser une “littératie philosophique”, c’est-à-dire une capacité transmédiatique à lire le monde philosophiquement.

Charlie Renard – Professeur de philosophie au lycée. France.

Chantier PhiloFormation

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Théâtre de Liège

Apprendre et maîtriser les lois de la logique formelle pour mieux penser par soi-même revêt une importance particulière dans les travaux et dans la pensée de Matthew Lipman. Ainsi, savoir utiliser des arguments logiquement valides est gage d’une pensée rationnelle, réflexive et critique. Or, lois de l’esprit ou lois de la nature, la logique et ses règles sont avant tout au cœur d’une longue tradition et culture philosophique.
A cheval entre culture et pratique philosophiques, la place de l’apprentissage de la logique dans les pratiques philosophiques questionne : Quelle est son importance pour les discussions philosophiques ? De quelles règles logiques parle-t-on exactement ? Pourquoi favoriser une approche aristotélicienne, comme le propose Lipman ? Comment peut-on travailler la logique de manière ludique et progressive ? Comment assurer le transfert de la connaissance de règles logiques à son utilisation effective au sein

d’une discussion philosophique ?
Ces questions seront adressées à l’aune d’un travail de réédition du roman philosophique de Matthew Lipman, À la découverte d’Harry Stottlemeier (1974), dont le but est précisément de faire découvrir les bases de la logique aristotélicienne à des enfants de 10-12 ans. L’intervention présentera l’avancée et les réflexions autour de fiches thématiques pour travailler le roman Harry. Elle proposera également des mini-ateliers pour prendre en main et exercer certaines règles logiques.

Anouchka Wyss, Titulaire d’un Master en Philosophie contemporaine de l’Université de Genève, collaboratrice scientifique en Psychologie de l’éducation et forte de différentes expériences en enseignement et animation socio-culturelle, Anouchka Wyss s’intéresse et pratique l’animation de discussions philosophiques depuis 2017.

Chantier PhiloPratique

mouvement
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Parc de la Boverie

Il est connu de longue date que la marche facilite le maintien de la concentration dans l’effort de réflexion. En somme et très naturellement, il est plus facile de cheminer dans la pensée lorsqu’on chemine réellement. Toutefois, la plongée réflexive est telle qu’elle risque de nous abstraire totalement de l’environnement que l’on arpente. Ni cadre de la rêverie, ni support de la contemplation, ni condition de l’effort à fournir, ce qui nous entoure semble alors tout simplement disparaître. Nous tâcherons d’éviter cet écueil et de maintenir le juste équilibre entre joie spéculative et attention au lieu que l’on parcourt.

 
Alexis Filipucci, Animateur-Formateur à PhiloCité

Chantier PhiloPratique

hypnose
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Palais des Congrès

L’hypnose consiste à endormir les gens, la philosophie à les réveiller ! L’hypnose vise l’inconscient, la philosophie la conscience. On pourrait aussi ajouter qu’une notion centrale de l’hypnose est la confusion, alors que la philosophie accorde un rôle essentiel à la clarification et à la raison. Alors, l’hypnose peut-elle apporter des outils et des pratiques intéressantes à la philosophie ou vaut-il mieux entériner le divorce entre ces deux approches ?
Le pari qui sera fait au cours de cet atelier est de considérer que les deux pratiques ont bien davantage en commun qu’on ne peut l’imaginer et de faire tester quelques pratiques de l’hypnose qui peuvent être utiles à la philosophie et inversement des outils philosophiques, qui peuvent servir à l’hypnose.

Anne Staquet, Professeure de Philosophie à l’UMons et thérapeute

Chantier PhiloArt

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Musée de la Boverie

 Cet atelier formatif aura pour but de permettre aux participants de s’éveiller au questionnement philosophique ensemble avec un support ludique et artistique et d’assurer la transposition pédagogique auprès de leurs élèves ou groupes. Faire de la philosophie c’est interroger le réel, s’étonner de ce que les choses sont. De la rencontre esthétique peut naître la recherche collective de sens, du sens des sens.  Convier la philo au musée c’est aussi et surtout inviter à explorer ses représentations de ce qu’est un musée, de ce qu’est la culture de manière globale. En partant de leurs représentations initiales, ces dispositifs ludiques permettent aux publics de construire, de consolider, voire d’enrichir leur vision, de (re)créer du sens au travers des œuvres présentées.

Il s’agira de vivre les dispositifs d’animation permettant de travailler le questionnement philosophique et de déployer la pensée au détour des œuvres présentées. La médiation culturelle consiste à relier deux pôles : le monde de la création artistique et les publics. En ce sens, le médiateur crée les outils et les conditions d’une rencontre entre ces deux mondes. Riches de nos expériences avec différents musées, nous prenons le pari de faire de la pratique philo un outil de médiation en contexte muséal.

Il ne s’agira pas de réaliser des productions artistiques (même si nous donnerons des pistes de réalisations possibles) mais de travailler la relation entre la philosophie et l’art. Au départ de supports artistiques, notre approche se centre sur la ludopédagogie : nous ferons vivre des dispositifs ludiques pour jouer avec les collections des musées afin de les découvrir. Nous travaillerons le regard et la pensée hors cadre. Le questionnement philosophique se travaille à partir de jeux réalisés dans le contexte muséal pour s’approprier l’endroit et en faire une pratique exploratoire afin de déployer les sources d’étonnement des visiteurs.

Au programme : un jeu de piste pour questionner philosophiquement les collections et expérimentation de plusieurs dispositifs ludiques pour explorer et apprendre à regarder les œuvres et objets présentés. Les dispositifs sont adaptables à plusieurs tranches d’âge ainsi qu’à différents contextes muséaux.

Pauline Stavaux – Philosophe de formation, praticienne philo et certifiée en formation pour adultes (ULB), CAL Charleroi. En plus de sa formation initiale et de son parcours professionnel, elle aura à cœur de partager avec vous son expérience de terrain.

Démonstrations

Théâtre de Liège

11h

Ateliers organisés en chantiers

Chantier PhiloCité & PhiloSoins

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Université de Liège

Comment aider des adolescents placés en foyer éducatif à s’épanouir, et à développer leurs potentialités ? Le dialogue et les arts nous permettent de répondre à ce besoin de reconnaissance et d’autonomie. Nous verrons dans cette communication comment la combinaison des approches de Lipman et Freinet a soutenu l’épanouissement d’adolescents à travers trois exemples d’ateliers mêlant philosophie et technique, philosophie et arts plastiques, philosophie et histoire de l’art.

Nous présenterons une médiation philosophique pour adolescents et jeunes adultes en Hôpital de jour. À quel titre insérer une pratique philosophique auprès de jeunes souffrants de troubles psychopathologiques ? Comment y intégrer la spécificité et les exigences du soin ? Nous tenterons de dégager les éléments de la pratique qui soutiennent le développement d’un « soin philosophique ».

Chantier PhiloÉcole

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Université de Liège

Depuis cinq ans, la Ville de Bruxelles organise dans les deux dernières années du secondaire des journées « Sport expérience » qui visent à ce que les adolescent.e.s pratiquent une activité mixte (cf. Marie-Cécile Naves) et questionnent l’assignation de genre à travers la découverte de sports dits « de fille » ou « de garçon ».

Ces journées ont progressivement intégré des ateliers philo qui mettent en évidence une tension entre trois types de culture(s) :

– Les cultures dont les élèves parlent souvent en termes d’appartenance à un groupe social (différentes conceptions de la pudeur, différenciation sociale plus ou moins nette entre femmes et hommes, adultes et enfants) ;

– La culture médiatique, du moins celle dont nombre d’élèves dénoncent le caractère stéréotypé (football masculin, publicités aux corps parfaits) ;

– La culture scolaire, avec son subtil mélange de contrainte et d’émancipation.

On peut y ajouter, de manière transversale :

– La culture matérielle, qui peut rendre un sport plus ou moins accessible en fonction de la tenue adéquate.

Ces ateliers philo en cours de développement offrent déjà quelques éléments de réponse – à discuter – à certaines questions soulevées par l’argumentaire du colloque.

– « Rapport entre les pratiques philosophiques et les différentes cultures » (Axe 1)

La philosophie est-elle plutôt un produit culturel, une manière de penser parmi d’autres, ou plutôt une mise en question de nos manières de penser habituelles, notamment culturelles ? Dans ce deuxième sens, la philosophie peut contribuer au dialogue interculturel tel que le conçoit l’UNESCO, ou bien à un processus d’abstraction des affiliations culturelles (Henri Pena Ruiz, Jean Leclercq).

– « Comment intégrer la culture dans la pratique de la philosophie ? »

Dans « Sport expérience », où l’expérience partagée d’un sport remplace la lecture partagée d’un texte (Lipman), c’est avant tout par le corps. Car ce corps rend possibles nos expériences et nous apparaît comme un objet, il relève à la fois de la « nature » et de la « culture » (Merleau-Ponty) : il peut être comparé aux modèles des publicités, il peut incarner une norme ou s’en écarter (Judith Butler), etc.

Fabien Nobilio, Stéphanie Bettens, Alice Rodrique et Aurélie Dewael, Ville de Bruxelles. Belgique.

Depuis 2017, je suis chargée de former de futurs enseignants de philosophie et citoyenneté à la Haute Ecole de la Ville de Liège (Belgique). Mes étudiants, qu’ils se destinent à l’enseignement primaire ou secondaire, n’ont que très peu d’heures de philosophie. C’est problématique. Comment en effet apprendre à philosopher à partir d’une culture spécifique dont on ne dispose pas ? Dès lors, comment donner aux étudiants suffisamment d’outils pour que la profession dans laquelle ils choisissent de se former mobilisent des contenus suffisants et pertinents ? Pour répondre à cette exigence, il fallait définir une stratégie reposant sur des questions qui au départ pouvaient sembler insolubles. Comment faire en sorte que des étudiants deviennent philosophes sans être philosophes ? La question peut sembler simpliste. Cependant elle touche à la réalité de mon « métier ». Au quotidien, il s’agit de se demander comment stimuler la curiosité philosophique. Comment donner confiance dans une matière qui pour beaucoup reste obscure ? Rapidement, la méthode proposée dans mes enseignements a pris la voie d’une pédagogie active. Accompagnée par des enseignants de terrain, nous avons constaté les effets positifs d’une méthodologie permettant aux étudiants de se sentir à l’aise avec la culture philosophique. Dans cet exposé-témoignage je souhaiterais montrer comment en travaillant à partir de cartes notionnelles, de textes talismans, et d’ateliers de discussion philosophique – ce que j’appelle le « kit de survie » – on peut former de futurs enseignants à pratiquer rigoureusement et activement le philosopher en classe. Je tenterai de montrer comment cette approche invite le futur enseignant à enrichir sa pratique par des contenus qu’il prendra l’habitude d’aller chercher lui-même en fonction des situations d’apprentissage à créer.

Si la culture philosophique semble faire encore cruellement défaut chez les futurs enseignants, soyons favorables à la mise en place de nouveaux dispositifs. C’est la promesse d’une Ecole différente, celle qui accepte le doute, reconnaît la valeur du tâtonnement, et se réjouit de discuter pour améliorer sa pratique.

Véronique Dortu – Maîtresse assistante en philosophie, Haute école de Liège. Belgique.

Chantier PhiloFormation

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Théâtre de Liège

Faire de la philosophie, certes, mais à quelle fin ? Pourquoi passer autant de temps à une activité en apparence si inutile, un peu oisive (pour ne pas dire oiseuse) ? Comment passionner son public pour les problèmes philosophiques, manifestement un peu abscons ? Ces questions, tout animateur d’un atelier philo se les pose un jour ou l’autre. Comment vais-je intéresser mon public à la philosophie? Comment vais-je lui donner l’envie de se livrer à cette activité ? Les anciens y avaient longuement réfléchi. Ils avaient même développé un genre littéraire à cet usage : le protreptique, dont la fonction consistait à tourner verspousser en avant, bref à inciter ou à exciter à pratiquer la philosophie. C’est de cette base historique que nous nous inspirerons pour cet atelier

Dans un premier temps, nous regarderons le modèle de plus près. Nous examinerons quelle leçon en tirer et quelles règles en dégager, en fonction de la fin que nous visons : pousser notre public à faire de la philosophie. Dans un second temps, nous nous essayerons à l’écriture, et chaque participant sera invité à composer son propre protreptique, celui qui correspond à son public et à ses aspirations.

Marc-Antoine Gavray aime le pouvoir. Il est ainsi parvenu à se faire élire – « par défaut », comme il le répète fièrement – président de la Société belge de philosophie, de PhiloCité, du Département de philosophie de l’Université de Liège et même de son club de badminton. Mais comme il ignore que faire de telles responsabilités, il consacre plutôt son temps libre à enseigner l’histoire de la philosophie antique et à mener des recherches dans ce domaine, que ce soit pour tirer les sophistes vers l’épistémologie et la politique (Platon héritier de Protagoras, Vrin), ou pour garder les néoplatoniciens tardifs dans la métaphysique systématique (Simplicius, lecteur du Sophiste). Animé d’une passion maladive pour l’exercice, il s’est récemment épris de la dimension pratique de la philosophie antique et de son usage contemporain.

Démonstrations

Théâtre de Liège

11h15

Ateliers organisés en chantiers

Chantier PhiloPratique

mouvement
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Parc de la Boverie

Un temple de la culture dans un écrin de nature ? Oui, vous lisez bien. Le temple et l’écrin partagent le même nom : La Boverie. Cette rando-philo de deux heures explorera le thème de cette année : la place de la culture dans les Nouvelles Pratiques Philo. L’écrin n’étant pas très grand, nous tournerons autour du temple en laissant la marche modifier le tempo de nos échanges. Il y aura durant ces deux heures une alternance entre ces 3 temps : lancer la réflexion (autour d’une question, d’une affirmation), marcher en rassemblant ses propres idées, marquer un arrêt pour échanger. Au besoin, on s’appuiera sur une image (un tableau de la Boverie), sur un vivant à proximité (un arbre, un oiseau, vous ?). Dans tous les cas, on sera bien, à l’écoute, tendu·e vers l’autre.


Axel Pleeck, Directeur de l’Académie de dessin et des arts visuels de Molenbeek

Chantier PhiloPratique

hypnose
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Palais des Congrès

Sans s’encombrer de longues réflexions philosophiques, je propose de découvrir les phénomènes hypnotiques que l’être humain utilise dans « ses façons » de souffrir. Ainsi, la liste des phénomènes hypnotiques devient une grille de lecture du fonctionnement des pathologies et des problèmes humains.

Faisant abstraction de toute interprétation, on peut opérer un recadrage en interaction avec le patient, pour lui faire découvrir que la souffrance qu’il subit est en réalité un processus qu’il a construit à son insu au moyen de procédés hypnotiques.

Au cours de cet atelier, nous proposerons, par divers exercices, d’apprendre au public à reconnaître ces phénomènes hypnotiques négatifs et à utiliser quelques outils simples, dont le recadrage et certaines techniques d’auto hypnose positive, pour renverser rapidement la situation problématique.

Éric Mairlot – Neuro-psychiatre

Chantier PhiloArt

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Musée de la Boverie

Les participants seront amenés à réfléchir, guidés par deux animatrices, à la manière dont on peut faire du lien entre l’atelier d’art plastique et une discussion philosophique.

Aline Mignon et Mélanie Olivier, Pôle Philo.

Repas de midi

14h30

Ateliers organisés en chantiers

Chantier PhiloCité & PhiloÉcole

Université de Liège

[Résumé à venir]

Rémy David, Professeur de philosophie au lycée Camargue de Nîmes. France.

J’ai conçu lors de son ouverture en 2015 un programme pédagogique à la Philharmonie de Paris. Ce programme propose à des enseignant de Première ou de Terminale – qui en France ont tous un cours de Philosophie – de candidater avec leurs étudiants pour assister à une activité en deux étapes : une présentation du concert que j’assure, puis un concert de saison régulière donné par l’Orchestre de Paris. Ce programme vise à combiner auprès des étudiants les acquis d’un enseignement qu’ils connaissent et l’inconnu de l’expérience du concert (axe 2).

L’un de mes principes consiste à parler le moins possible d’« esthétique » (inutile de chercher à prouver la beauté d’une œuvre, concentrons-nous sur son fonctionnement), mais à privilégier des thématiques philosophiques comme le langage pour ramifier un « guide d’écoute » consacré aux Tableaux d’une exposition de Moussorgski. La conférence introduisant ces ateliers porte sur le design acoustique spécifique à la Philharmonie ; j’y réfléchis au concept d’expérience en général mais aussi à des questions concrètes de philosophie des sciences (axe 4).

J’évite tout discours technique et n’use guère d’analyse musicologique à proprement parler, toute technicité inappropriée se faisant « violence symbolique ». Le cœur de l’activité est consacré à une série de guides d’écoute centrés sur des questions que j’adresse aux participants en intégrant à nos analyses communes leurs observations nées de la découverte d’extraits musicaux.

Le choix de thématiques philosophiques variées laisse à l’enseignant la liberté de reprendre lors de ses cours ultérieurs exemples et questions de son choix. Le principe directeur est l’idée qu’il n’y a, comme aurait dit Augustin d’Hippone, que des « condisciples » face à la diversité des contenus et la richesse de la musique (axe 3).

Ces programmes ont été conçus à titre d’expérience ouverte et non comme la démonstration d’une thèse. J’explorerai une intuition et une pratique pédagogique née sur le terrain.

Julien Labia, Professeur agrégé de Philosophie en Classes préparatoires. France.

Lors d’une interview donnée en 2018 lors des Nouvelles Pratiques Philosophiques, Bernard Stiegler déclarait que cette « dinette philosophique » qu’est la philosophie pour enfants (PPE) ne le convainquait pas du tout car, selon lui, elle ne permet pas de rendre les enfants capables d’affronter les vrais problèmes du monde à venir. Derrière cette critique, il y a, pour Bernard Stiegler, l’idée que le rôle de la philosophie est de d’abord connaitre puis d’interroger la culture d’une époque et de l’outiller pour être à la hauteur des problèmes et dangers qu’elle affronte. Nous souhaitons discuter cet argument de Bernard Stiegler qui exclue la PPE de ses préoccupations, et montrer en quoi la PPE peut être un outil pour faire participer les enfants à la reconstruction d’une culture plus attentive aux problèmes actuels.

Chantier PhiloFormation

Théâtre de Liège

Cet atelier pratique est destiné à expérimenter les vices et les vertus d’un recours aux histoires et à l’Histoire dans l’enseignement de la philosophie.
DÉROULÉ (PROVISOIRE) DE L’ATELIER : cet atelier pratique d’une heure et demi est destiné à expérimenter les vices et les vertus d’un recours aux histoires et à l’Histoire en philosophie. Nous procéderons en quatre temps. 1) Je situerai d’abord brièvement les enjeux de cet atelier pratique dans le cadre de mes recherches doctorales. 2) Je répartirai ensuite les participants en sous-groupes afin qu’ils puissent bénéficier d’un temps de travail actif et collaboratif autour de supports philosophiques préalablement sélectionnés (ex : le groupe 1 n’a à sa disposition que des textes qui ne mobilisent pas l’Histoire de la philosophie ; le groupe 2 n’a à sa disposition que des textes de l’ordre de l’historiette et de la narration philosophiques, etc.). Sur base de ces différents supports « types », chaque groupe sera invité à produire une brève présentation didactique de la / des notion(s) abordée(s) dans leurs supports. 3) Chaque groupe présentera alors le fruit de son travail à l’ensemble des participants. 4) Après ces présentations, nous bénéficierons d’un temps d’échange « méta » pour soulever ensemble les difficultés rencontrées, les impressions engendrées par l’exercice et l’écoute des diverses présentations. Tout au long de cet atelier qui se veut ludique et sans pression, la variété des expériences et des backgrounds professionnels de chacun sera certainement précieuse pour soupeser les vices et les vertus pédagogiques du recours (ou non) aux histoires et à l’Histoire en philosophie.

Noëlle Delbrassine est assistante et doctorante au Département de Philosophie de l’Université de Liège. Entre didactique de la philosophie et philosophie de l’éducation, ses recherches portent sur la narration en philosophie et s’articulent autour de la polysémie du mot « histoire(s) » (avec ou sans majuscule, avec ou sans s).

Chantier PhiloPratique

mouvement

Parc de la Boverie

Ne mangez pas trop à midi et enfilez une bonne paire de baskets. Nous expérimenterons, dans un environnement qui s’y prête bien, une séance de la méthode naturelle d’éducation physique qu’a mise au point Georges Hébert au début du siècle dernier, et chercherons à voir si son application à la didactique de la philosophie peut dépasser le stade de la simple analogie. 

Aurore Compère – enseigne le cours de philosophie et citoyenneté au secondaire qualifiant ; collaboratrice scientifique à l’ULiège

Chantier PhiloPratique

hypnose

Palais des Congrès

Nous tenterons dans cet atelier expérimental d’explorer ce que signifie et ce qu’implique une transformation des croyances, par-delà les divisions disciplinaires, théoriques et historiques qui semblent parfois opposer les pratiques établies de l’hypnose et de la philosophie. L’atelier dans sa globalité sera placé sous le signe de l’accompagnement progressif dans un processus de transformation. Plus spécifiquement, nous réfléchirons avec le public sur l’intérêt de la mise en œuvre conjointe de techniques hypnotiques et de questionnements philosophiques.

Gauthier Dassonville, Collaborateur scientifique (ULiège) et praticien en hypnose ericksonienne
Alexis Filipucci, Animateur-Formateur à PhiloCité

Chantier PhiloArt

Musée de la Boverie

En collaboration avec le Service Animations des Musées de la Ville de Liège, l’asbl PhiloCité a invité des groupes scolaires à participer au projet « Philo-Musée: Penser l’image ». L’atelier philo-musée s’y réinvente en proposant une nouvelle approche pour aborder la lecture d’image. Par la pratique philosophique, l’atelier initie aux bases de la sémiotique, discipline qui étudie les signes et leurs systèmes, pour donner des clés permettant de lire les images et productions artistiques, et de mieux comprendre comment fonctionne leur langage particulier. Que nous dit l’image? Que nous donne-t-elle à voir? Que nous signifie-t-elle? Dans ce projet, il est question de décrypter les images en les décomposant, de questionner nos observations, de prendre du recul et de réfléchir à nos manières de produire du sens.

Guillaume DAMIT – Animateur, PhiloCité asbl

Edith SCHURGERS – Coordinatrice du Service Animations des Musées de la Ville de Liège

Nora FIEVET – Étudiante en Communication, option médiation culturelle à l’ULiège

 

L’objet de cette communication est d’envisager les relations que les pratiques philosophiques entretiennent avec une démarche artistique essentiellement graphique et plastique, lors d’ateliers ou de discussions à visée philosophique avec les jeunes. Bien plus qu’illustrative, la partie artistique et créative est une mise en mouvement de la pensée. Après avoir expérimenté le passage de la réflexion à la parole, il s’agit lors de la partie créative d’en venir à l’« agir », et cela par le geste.

 

Il s’agira aussi de penser deux temporalités : la partie philosophique offre un temps rythmé par un problème et une thématique précise. Les enfants, les adolescents, se voient offrir un temps qu’ils exploitent en groupe. Ce temps est particulier puisqu’il leur est rarement accordé de pouvoir penser à plusieurs, ni de construire des éléments de réflexion dans un moment de partage et d’écoute, moment orchestré par l’animateur·rice philosophe. 

Le temps de la création est différent : il mobilise les imaginaires et des techniques variées : le temps n’est plus motivé par la résolution d’un problème, mais par un souci d’invention et de recherche symbolique. Cette temporalité se fait plus individuelle : les « réponses » graphiques, plastiques, se font presque d’elles-mêmes, dans un moment d’improvisation. 

Lors des ateliers philomoos à la bpi Centre Pompidou, nous proposons des objets et des réalisations graphiques et plastiques en étroite relation avec les problèmes philosophiques posés. L’objet peut « répondre » ou symboliser un élément de la discussion philosophique. La démarche artistique doit pouvoir se vivre alors comme une expérimentation qui entend répondre à la question : que faire avec une idée ? 

Lors de cette communication il s’agira de montrer que les ateliers philo-art consistent en une pratique interrelationnelle mêlant réflexion, imagination et geste créateur.

Fanny BOURRILLON – Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM)

17h-19h

Clôture : spectacle « Parasismique » et animation de Vinciane Despret – au Théâtre de Liège

Repas du soir

Soirée

Soirée dansante.
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